J'aurais dû être sur la ligne de départ de l'Hyrox de Nice en février prochain. À la place, je suis encore en rééducation, cloué au sol par mon ego.
L'histoire est banale, mais la leçon m'a coûté cher.
Il y a quelques mois, j'ai décidé de reprendre la course à pied. Objectif : préparer un Hyrox. Comme je ne fais jamais les choses à moitié, je me suis documenté. Livres, vidéos YouTube, articles de fond. Le consensus des experts était unanime : « Prendre le temps. » « Faire 1 minute de course, 1 minute de marche. » « Rester en zone 1 ou 2, pas plus. »
Sauf que voilà... je fais 10 heures de sport par semaine. Dans ma tête, cette prudence, c'était pour les débutants. Pas pour moi. Je me suis dit : « Je vais adapter le programme à mon niveau. »
Un mois après ma reprise, j'ai piqué un sprint « pour le fun » avec une amie. Résultat immédiat : déchirure au mollet. Le mois suivant ? L'autre mollet. Ensuite ? Une fissure au ménisque sur une séance d'Hyrox où j'ai forcé.
Mes coachs me l'avaient pourtant répété : « Écoute-toi. Tu ne dois pas avoir de douleurs sur tes exercices. » Mais pour moi, avouer une douleur, c'était un aveu de faiblesse. Alors j'ai serré les dents, persuadé que ça allait passer. Spoiler : ça ne passe pas. Ça casse.
La semaine dernière, après six mois sans courir, je reprends enfin. Le plan : 10 x 1 min de course / 2 min de marche. Je me sentais bien, léger. J'ai couru « normalement ». En rentrant, je montre fièrement mon Strava à ma femme. Elle regarde l'allure (4'30/km), puis me regarde :
— « C'est pas sérieux... Tu fais n'importe quoi pour une reprise ! »
— « Mais pourquoi ? Je me sentais bien ! »
Et elle avait raison. J'ai enchaîné le jour même avec une séance chargée pour les jambes. Résultat : de grosses courbatures qui m'ont obligé à stopper mon programme. Encore une fois.
Pourquoi je vous raconte mes échecs sportifs ? Parce que le business, c'est exactement la même chose.
Je vois trop d'entrepreneurs qui veulent tout faire tout seuls. Ils lisent trois livres, regardent dix vidéos, et pensent pouvoir « adapter le programme » sans aucune expérience du terrain. C'est une hérésie.
Vous êtes peut-être excellent dans votre domaine : développeur, graphiste, consultant... Mais développer et gérer un business, ce n'est pas votre expertise. Vouloir improviser sa stratégie commerciale ou financière parce qu'on a lu un article dessus, c'est comme courir à 4'30/km après une blessure parce qu'on se « sent bien ». C'est la voie royale vers la blessure. Sauf qu'en business, la déchirure musculaire s'appelle le burnout, et la fissure au ménisque s'appelle la faillite.
Si j'avais écouté ceux qui savaient, je serais prêt pour Nice en février. Au lieu de ça, j'ai voulu aller trop vite, pensant que je « savais ». Ne faites pas la même erreur avec votre entreprise. Faites-vous accompagner par ceux qui ont déjà couru la course que vous commencez à peine. L'investissement dans un accompagnement coûte toujours moins cher que le prix de l'abandon.